Passer au contenu principal

Qualifier les patients consommant du cannabis de « fumeurs de joints » est incorrect et inapproprié

Il est important d'aborder un problème qui touche toutes les personnes qui utilisent le cannabis à des fins médicales. Ces dernières semaines, des incidents regrettables se sont produits au sein de notre communauté, où des membres ont été, à tort, qualifiés de « fumeurs de joints » ou de « toxicomanes », tant par leurs pairs que par des professionnels de la santé. Cela s'est produit simplement parce qu'ils consomment de fortes doses de fleurs de cannabis. En tant que président de l' association MEDCAN et moi-même patient utilisant du cannabis à des fins médicales, je tiens à prendre position clairement et à appeler à la compréhension. Il est faux et inapproprié de qualifier les patients qui utilisent du cannabis à des « fumeurs de joints ». Cela complique davantage l'obtention d'ordonnances de cannabis au dosage médical approprié pour ces personnes, malgré les modifications apportées à la législation sur les stupéfiants.
Les patients consommateurs de cannabis méritent le respect, pas la stigmatisation

La recherche d'un accès légal au cannabis médical est souvent source de frustration, et il est compréhensible que cela puisse engendrer des tensions. Cependant, il est inacceptable d'insulter et de dénigrer les membres de notre communauté en les traitant de toxicomanes simplement parce qu'ils ne se conforment pas aux directives suisses actuelles, lesquelles ne reposent pas encore sur une expérience scientifique exhaustive. En tant association , nous sommes unis dans notre engagement en faveur d'un accès légal au cannabis médical. Aucun d'entre nous n'a choisi de se soigner illégalement. Nombre d'entre nous ont eu recours à l'automédication pendant des années faute d'alternative. Ces personnes savent parfaitement ce qu'elles font et n'ont pas besoin de leçons.

Un accès sécurisé est requis

Ils ont besoin de médicaments à base de cannabis abordables et légaux, disponibles en pharmacie, et accompagnés de professionnels de la santé compétents. Il faudra du temps pour que certaines mentalités et certains comportements du passé évoluent et que l'usage exclusivement médical du cannabis devienne la norme. Cependant, qualifier les patients consommateurs de cannabis de « fumeurs de joints » est injuste. Pour beaucoup, fumer était malheureusement la seule option pendant longtemps, et nous espérons que cela va changer. Nous attendons également avec intérêt de nouvelles formes d'administration médicale. Grâce à la modification de la Loi sur les stupéfiants, il incombe désormais aux professionnels de la santé d'aller à la rencontre des personnes concernées et de leur présenter une voie sûre et médicalement valable afin qu'elles puissent enfin se libérer de l'illégalité dangereuse. Certains se battent pour cela depuis des décennies.

La compréhension est essentielle

Les propos de prétendus « experts du cannabis médical » qui qualifient les patients de simples « fumeurs de joints » témoignent d'une méconnaissance des difficultés que nous rencontrons. Il est désormais de la responsabilité des professionnels de santé d'accompagner ces personnes vers une approche sûre et médicalement adaptée. Chaque patient mérite respect et compréhension, quels que soient son diagnostic, la posologie ou le mode d'administration. L'Office fédéral de la santé publique estime qu'environ 100 000 patients consomment actuellement du cannabis en automédication illégale. Ces personnes souhaitent désormais régulariser leur situation et obtenir leurs médicaments à base de cannabis en pharmacie.

Le patient doit être au centre de toutes les attentions

Cercle pour le manifeste 1Il est crucial que le système de santé, la communauté scientifique et l'industrie du cannabis médical placent les besoins et le bien-être des patients au premier plan. C'est un avantage pour tous ! Chaque patient mérite un accès égal aux traitements médicaux à base de cannabis, quels que soient son lieu de résidence ou sa situation financière. La santé et le bien-être des patients doivent être la priorité absolue. La stigmatisation doit disparaître. Seule une collaboration étroite entre tous les acteurs concernés permettra de garantir des soins équitables et efficaces. L' association MEDCAN s'engage à promouvoir la compréhension par le biais de ses actions éducatives.

Vous trouvez notre travail important et digne de soutien ? Alors devenez membre ou soutenez-nous par un don.