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Quatre ans de cannabis médical : progrès, obstacles – et pourquoi nous, en tant association devons continuer à nous battre

Depuis la réforme législative de 2022, la situation en Suisse s'est sensiblement améliorée : le cannabis peut désormais être prescrit plus facilement par les professionnels de santé, l'offre augmente et les prix commencent lentement à baisser. Néanmoins, l'accès reste difficile pour de nombreux patients. Les coûts sont rarement pris en charge et le nombre de professionnels expérimentés pour accompagner les patients demeure insuffisant. Une réunion en mars entre l'Office fédéral de la santé publique et Swissmedic a clairement démontré que l'usage médical du cannabis reste un domaine marginal. Par conséquent, la responsabilité incombe en grande partie aux patients eux-mêmes. Ils doivent s'informer, trouver des spécialistes, comparer les prix et souvent défendre activement leurs droits en matière de traitement.

Ouverture légale – une étape importante

La modification législative d'août 2022 a marqué une étape cruciale : depuis lors, le cannabis peut être prescrit comme un stupéfiant, au même titre qu'un opiacé.
Cela a considérablement simplifié l'accès au traitement. De plus en plus de patients obtiennent désormais une prescription médicale et peuvent suivre leur traitement légalement et sous surveillance.

Plus d'offre, plus de choix – un marché en développement

Parallèlement à l'ouverture légale, l'offre de services s'est considérablement développée. Aujourd'hui, différentes formes de thérapie et de contenus sont disponibles :

• Fleurs de cannabis à inhaler
• Extraits de cannabis pour administration orale
• Capsules ou suppositoires
• Nouvelles formes telles que les extraits inhalables

Les pharmacies se spécialisent de plus en plus dans ce domaine et l'offre de produits ne cesse de s'élargir. À l'avenir, nous espérons que d'autres formes galéniques, telles que les pommades, les patchs et d'autres applications innovantes, trouveront également leur place dans les traitements. Parallèlement, une tendance encourageante se dessine : les prix commencent à baisser lentement, même s'ils représentent encore une charge importante pour de nombreux patients.

Plus d'ordonnances, mais des remboursements rares

Bien que le nombre de personnes se voyant prescrire des médicaments ait considérablement augmenté aujourd'hui, un problème majeur persiste : les compagnies d'assurance maladie ne remboursent les coûts que dans de rares cas. Pour de nombreux patients, cela représente un fardeau financier considérable. Certains sont contraints de renoncer à un traitement efficace, même s'il leur est manifestement bénéfique. D'autres sont même forcés de recourir à nouveau au marché noir. Cette situation est particulièrement préoccupante pour les maladies chroniques et n'est ni viable ni raisonnable à long terme.

Trouver des professionnels de la santé reste difficile

Un autre obstacle réside dans la difficulté à trouver des spécialistes compétents. Bien que davantage de médecins prescrivent du cannabis, ils restent difficiles à trouver. Les spécialistes sont particulièrement rares en Suisse romande. Souvent, les personnes concernées n'ont d'autre choix que de recourir à la télémédecine, faute de praticiens disponibles localement. Nous essayons depuis longtemps d'améliorer cette situation et de trouver des spécialistes, mais jusqu'à présent, nos efforts n'ont abouti qu'à un succès très limité.

Réunion avec l'Office fédéral de la santé publique (BAG) et Swissmedic

Lors de discussions avec l'Office fédéral de la santé publique et Swissmedic, il est apparu clairement comment la situation actuelle est perçue : l'usage médical du cannabis reste marginal. Par conséquent, on attend des personnes concernées, d'organisations comme la nôtre et de l'industrie du cannabis qu'elles contribuent activement à son amélioration. Cela démontre clairement que notre engagement commun demeure essentiel pour un changement durable – et nous devons maintenir la pression politique.

Conduite automobile et cannabis à usage médical : une zone grise

La capacité à conduire est une question particulièrement délicate. En règle générale, même avec une prescription médicale, conduire sous l'influence du THC est illégal. La Suisse applique des seuils légaux très bas, et même des traces dans le sang peuvent avoir des conséquences. De nombreux patients se retrouvent ainsi dans des situations difficiles, même lorsqu'ils suivent correctement leur traitement. L'absence de réglementation claire et pratique a des répercussions importantes sur le quotidien de nombreuses personnes concernées.

Notre conclusion : beaucoup de choses ont été accomplies, mais nous n'avons pas encore atteint notre objectif

La situation générale en Suisse est positive :

• L’accès est facilité
• L’offre de services s’élargit
• Les prix commencent à baisser
• L’acceptation médicale progresse lentement

Comparativement aux autres pays européens, la Suisse se trouve actuellement dans une situation relativement favorable. Néanmoins, la réalité demeure difficile pour de nombreuses personnes concernées, notamment en raison du manque de prise en charge des coûts, de la disponibilité limitée des spécialistes et des incertitudes juridiques au quotidien.

Avancer ensemble – le moment est venu

Le système actuel a du potentiel, mais il ne fonctionnera que si la couverture d'assurance maladie est améliorée. Sans cela, l'accès au cannabis à usage médical restera inaccessible à beaucoup.

En tant association de patients, nous œuvrons chaque jour pour changer précisément cela : par l'éducation, la mise en réseau et la pression politique.

👉 Notre voix doit être entendue.
👉 Nous devons rester visibles.
👉 Et notre association doit continuer d'exister.

C’est seulement ensemble que nous pourrons améliorer durablement l’accès. Si vous souhaitez soutenir notre travail – en devenant membre, en faisant un don ou en partageant notre contenu – vous contribuerez à rendre possible un véritable changement.

Et surtout : nous devons nos histoires . Car c’est seulement ainsi que l’on verra à quel point cette thérapie peut changer des vies – et où le système échoue encore.